Avant même sa naissance, l’enfant futur se construit dans la tête de sa mère et de son père. 

Au fur et à mesure de l’avancée de la grossesse, il porte les rêves de ses parents : un beau bébé, en pleine santé, avec les yeux de maman, la fossette de papa, intelligent … C’est l’enfant idéalisé. 

A l’accouchement, le nouveau-né se présente dans son individualité, différent de celui imaginé. Les parents doivent alors accepter cette réalité et, grâce aux soins nécessaires pour le nouveau-né : l’allaitement (au sein ou au biberon), le bain, les câlins … qui permettent la mise en relation de l’enfant à sa mère et/ou à son père, l’attachement se met en place… et ce lien se « co-construit ». L’enfant au fur et à mesure du temps, apprendra à faire la différence entre ses parents et les autres.

Mais quand la naissance ne se passe pas comme prévue ? Si elle arrive trop tôt et que le nouveau-né nait prématuré ou nécessite une hospitalisation dans un service de néonatologie, comment aider la mise en place de ce lien d’attachement ? 

Les ressentis des parents

La naissance d’un nouveau-né prématuré, ou atteint de malformations ou d’une maladie, est vécue par la mère comme un échec : « je n’ai pas réussi à mener à terme ma grossesse », « je n’ai pas été assez vigilante », « je suis une mauvaise mère » 

Du côté du père,  le vécu de cette naissance est tout aussi difficile, d’abord parce-qu’il a « porté » également psychologiquement cet enfant et ensuite parce-qu’il se sent démuni face à la détresse et à la culpabilité de sa femme et face à la gravité de la situation de son enfant

Le rôle des équipes soignantes

Il est très important pour les soignants  d’accompagner cette mère et ce père de nouveau-né prématuré ou malade :

Dès l’accouchement ou le plus tôt possible : leur présenter leur nouveau-né ( le mettre en peau à peau, ou les autoriser à le toucher, le caresser) afin de permettre à cette triade familiale de se « reconnaître »

Accompagner les parents dans le service de néonatologie dès que possible. Si la mère ne peut pas s’y rendre , c’est au père de faire le lien entre le nouveau-né et sa mère. On lui proposera de prendre des photos, de prendre son enfant si possible, de ramener un tissu appartenant à la mère avec son odeur qu’on placera près du nouveau-né…

Prendre le temps de favoriser cette relation parent(s)/enfant par le toucher, le peau à peau, les petits soins… et mettre en valeur leurs compétences et celles du nouveau-né : L’observation de la réaction à la voix sur le tracé du scope ou de l’enfant qui se calme, qui écoute…

Permettre aux parents de prendre leur place de parents :

Il est nécessaire d’accompagner cette mise en lien entre enfant et parents le plus tôt possible pour que l’attachement puisse se faire dans les meilleures conditions possibles et la concrétisation de la famille.

Quand la distance ne le permet pas : donner des nouvelles régulièrement, noter les progrès, faire des photos, réaliser un album de vie… sont des petites astuces qui permettront aux parents de se sentir reconnus comme tels.

Accompagner les parents dans la mise en place du lien d’attachement constitue l’un des plus beaux rôle d’une équipe soignante qui allie l’utile à l’agréable.

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